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mercredi 28 juillet 2010

On ne dit pas « mais t'as pas déjà 212 paires ? », on dit « tu es si attentionnée du soulier »


Lundi, 12 h 30, coup de fil de Jules...
« J'ai reçu un paquet pour toi au bureau... Me dis pas que c'est encore une paire de chaussures ! »

Réflexion à moi-même : Tu as exactement 30 secondes pour trouver la bonne répartie, au risque de devoir faire le tri dans tes anciennes chaussures (pourtant devenues collector) pour justifier ton nouvel achat :
  1. Stratégie de très, très court terme, nier en bloc : « Noooooooooooooooooooooooooooooon, c'est toi qui imagines des trucs, c'est une surprise pour toi ». Résultat : peu crédible, solution abandonnée.

  2. Stratégie de très court terme, accuser l'homme : « Oh c'est bon hein, c'est pas comme si toi t'avais pas acheté une 232eme chemise bleue à fine rayure blanche ». Résultat : Jules est fauché, solution tout bonnement impossible et donc abandonnée

  3. Stratégie de court terme, changer de sujet : « Ah bon, toi t'as reçu une lettre des impôts ». Résultat : potentiel irratibilité décuplé, solution abandonnée.

  4. Stratégie de moyen terme, apâter le chaland : « Peut-être, mais c'est uniquement des talons de 12 pour me mettre toute nue dedans ». Résultat : solution fantasmatique optimale mais à abandonner en période de forte canicule (comprendre bouffées de chaleur / jambes lourdes / libido réduite à néant).

  5. Stratégie de long terme, être pédagogue : « Oui monsieur tout à fait ! Mais sache que suite au décès tragique d'Alexander Mcqueen, il était absolument indispensable de lui tirer une dernière fois mon chapeau bas, le tout à pensant à l'équilibre de nos finances ménagères. Ces escarpins hommage ont été achetés en soldes, tu sais. C'est pour notre bien à tous les deux. »  Résultat : Solution adoptée.

Je passerai ici sur la réponse laconique de Jules (« raaaaa, tu m'emmerdes ! Tu sais que je crains vraiment pour ta santé mentale...») pour vous rappeler Messieurs, que non seulement votre douce n'a JAMAIS assez de souliers (notez qu'il vaut mieux éviter le terme avilissant de chaussures), mais aussi que tout ces achats sont faits dans une démarche purement altruiste. Tous ces escarpins, votre douce, les achète uniquement pour votre bien. A bon entendeur !

Photo :  ma collection printemps été de souliers avec au premier plan,  les Alexander McQueen incriminés.

vendredi 14 mai 2010

Le luxe expliqué à l'homme épisode 13 : on ne dit pas « t'avais vraiment besoin de te changer une 12ème fois », on dit « je vénère ton art de la coordination »



6h, jeudi matin.... Jules dort, la salle de bain est mon empire pendant encore une heure, je jette un dernier coup d'oeil à ma tenue soigneusement prévue la veille et j'entame mon maquillage. Camaïeu pastel de gris et de bleu, directement tiré de la palette printanière d'Yves Saint Laurent; bouche Nude signée Clarins. Une bonne vingtaine de minutes de travail, un sourire satisfait. Tout va bien, je gère....

Jusqu'au moment d'enfiler mes collants (car cette année, en mai, on ne fait pas ce qu'il nous plaît). Un ongle des pieds mal taillé, un accroc et c'est le drame ! Après avoir essayé les 20 autres paires qui trainent dans mon tiroir, un constat s'impose : je vais devoir renoncer à ma jupe crayon et à ma chemise à plastron ton sur ton... La mauvaise humeur s'installe mais pas de panique, j'ai la tenue de secours.

Boyfriend jean, chemise army kaki, soutien gorge bandeau en dentelle Princesse TamTam... J'ai trop la classe en néo militaire sexy.

7H10 : Jules émerge.
- Je peux prendre la salle de bain ?
- Pas moyen, tu vois bien qu'il faut que je me maquille.

A la mine dubitative du grizzli qui sort de sa tannière, je sens qu'un complément d'information est indispensable :

-  Ben oui, tu vois bien que le bleu là, sur mes yeux, ca va pas avec le kaki, là, de la chemise... » La mine dubitative devient déconfite. Je me vois donc obligée de renvoyer l'animal d'où il vient ou du moins derrière ses tartines et son café...

Un coup de démaquillant, une touche le L'Acqua Cream kaki de Make Up Forever (j'ai pas souvent l'occasion de l'utiliser alors autant ne pas passer à côté d'une si belle opportunité), un trait d'eyeliner et me voilà équipée... Reste plus qu'à sortrir ma veste militaire, et j'aurais trop la touche.

7H48. Les idées claires et repu de sa Ricorée, Jules (re)vient évidemment toujours au bon moment (sans pain ni croissant) et m'assène : « T'as vu qu'ils ont prévu des giboulés de mai ? Averses et grand froid, et tout, et tout. ».

On pourrait croire à une bonne intention, mais non, ce n'est rien d'autre qu'une grande entreprise de sabotage. Ma veste n'est pas imperméable et tous mes gilets sont au sale...

Sauf le bleu marine. Ah tiens, c'est vrai que ce gilet bleu marine à épaulettes froufrous, il va drôlement bien avec ma marinière et mon boyfriend jean pour un côté pêcheuse pécheresse.

Je peux prendre la salle de bain maintenant ?
Ben non, tu vois bien que le kaki va pas avec le bleu....

Sortie officielle prévue : 8H 32

L'enseignement à tirer de cette triste expérience ? Messieurs, au lieu de rouler les yeux devant la 312 eme tentative de coordination maquillage/tenue de votre douce, comprenez qu'il s'agit là d'une compétence que vous ne pourrez jamais acquérir. Alors plutôt que de condamner la futilité de votre douce, payez plutôt respect à ce que vous  ne serez jamais pas capables de faire : manière l'art du bon goût parfait.

Photo : Clinique / DR

jeudi 29 avril 2010

Le luxe expliqué à l'homme episode 12 : On ne dit pas « ca coûte le même prix que ma mère », on dit « J'admire tes actifs haute technologie »



Ca y est, j'ai enfin osé... Hier soir, j'ai allumé un cierge, j'ai enfilé ma plus belle robe, j'ai chaussé mes Louboutin, j'ai pris une grande respiration et doucement dans la pénombre, je l'ai effeuillé, lui ôtant une à une ses couches inoppportunes... Ambiance tamisée, silence religieux, concentration absolue : je viens enfin d'ouvrir mon Supremÿa de Sisley.

Entre Jules, qui manque de m'aveugler en allumant le néon de la salle de bain, et me crie :
- « Tu crois pas que t'arriverais à mieux osculter tes rides à la lumière ? »
- « Mécréant, agenouille-toi devant le soin divin, rejoins la communauté vénératrice du phyto-complexe LC12, plies-toi devant l'éternelle jeunesse ! »
- « Quoi ? Encore une crème ? T'éxagères, t'en as déjà 232... Tu crois vraiment que c'était la peine d'en ouvrir une nouvelle et continuer d'envahir ma partie de l'étagère ? »
- « Impie, comment oses-tu tant de condescendance devant la crème de la crème, l'Olympe des soins, le nirvana des actifs vendu pour la maudique somme de ... euros ! »

Mon sort en était jeté, le sang de Jules n'a fait qu'un tour. « Comment «...» euros ? On vendrait ma mère que ça couterait moins cher ! »

Tout comme Jules, je vous imagine déjà, Messieurs, vous lamentant sur le nombre de bédés ou de cartes Magic, de lunettes 3D ou d'étiquettes Panini que vous auriez pu vous procurer si vous aviez su revendre à temps cette petite merveille sur ebay. Mais sachez Messieurs, que votre bévue sera la source de félicité ultime de votre douce. Car derrière cette étiquette finalement anodine se cache un trésor de bonheur.

Des années de recherches, des actifs ultra-pointus, un packaging parfait et surtout, le sentiment d'appartenance à une communauté supérieure qui aurait trouvé la formule exacte de la jeunesse éternelle. Oui, au-delà de sa texture parfaite et de ses résultats avérés (la ride disparaît, la peau se pare d'un nouvel éclat), Supremÿa est avant tout, pour une femme, le flambeau vers l'Olympe de la beauty addiction, la garantie d'une nouvelle vie où le rituel de soin est une révérence quotidienne à soi, une preuve de respect que l'on s'offre chaque soir avant de se coucher.

Alors Messieurs, au lieu de grommeler sur la nouvelle perceuse électrique à triple têtes motrices amovibles que vous n'avez pas eu ou à ces arriérés d'impot qui de toute façon sont en retard, dites-vous plutôt que du haut de ces quelques centimètres et de ces quelques 400 petits euros, ce soin à offert à votre aimée, une raison d'être enfin en paix avec son reflet.

Les infos plus :
Supremÿa Grand soin de nuit, de Sisley
450 euros
http://www.supremya.com/

Photo : Vanité(s) Case / DR

mercredi 7 avril 2010

Le luxe expliqué à l'homme episode 11: On ne dit pas "j'te kiffe en camionneuse", on dit "l'éphémère accessoire n'égale que votre éternelle beauté""

Il est des tendances que l'on sait d'avance que l'homme ne saura pas comprendre... Alors en rentrant de mon petit détour printanier par la rue Cambon, je ne me faisais guère d'illusion. Et ça n'a pas raté. Retour sur la scène lunaire que Jules m'a proposé :

- C'est quoi ce truc, t'as acheté des décalco ?
- Mais non mon cher et tendre, ce magnifique écrin, ce petit bijou d'élégance, ce n'est autre que les tatouages éphémères de Chanel...
-  Mais t'es déjà toute bariolée de tes erreurs de jeunesse. Tu crois vraiment que c'est parce que c'est Chanel que t'auras pas l'air d'une camionneuse ?

Rustre.. Car oui, je suis bel et bien convaincu que c'est justement parce que c'est Chanel que je n'aurais pas l'air d'une grosse Bertha aussi tunée que son semi-remorque. Messieurs, quoi qu'en dise Jules, Karl Lagerfeld a une fois de plus trouvé la solution pour révéler celle que nous sommes... en mieux. Car arborer les bijoux de peau Chanel, c'est s'octroyer un brin de fantaisie qu'on ne regrettera pas (contrairement à la fresque étoilée qui a jadis été le brin de fantaisie de mes 18 ans et qui trone désormais sur mon bas ventre vieillissant, le tout réalisé à l'encre, non pas de mes yeux, mais de carrosserie de voiture volée). C'est faire une ode au retour des beaux jours en s'offrant une promenade bucolique au gré des motifs floraux et des impressions d'hirondelles, qui elles semblent bel et bien faire le printemps. C'est comprendre que toute la beauté de la mode réside justement dans son caractère éphémère, dans cet  instant sublimé que l'on ne retrouvera peut être jamais, dans la suggestion d'un motif qu'on laisse deviner au détour d'une manche ou d'un jupon... Bref, succomber aux tatouages éphémères de Chanel, c'est simplement montrer que l'on a tout compris sur tout. et surtout à la fragilité subtile de la beauté.

Alors certes, nous ne sommes pas, nous pauvres êtres influençables, à l'abri d'une terrible faute de goût, d'un faux-pas sans retour dans les méandres de la roture. On ne saurait par exemple, travailler les tatouages éphémères de Chanel sur une cuisse qui n'est pas d'une fermeté irréprochable... Car planter des fleurs dans un champs d'oranges serait, n'est-ce pas, un non sens ! Mais quand votre belle viendra pavaner sous vos yeux avec son poignet parfaitement serti de ce trésor d'impression, abstenez-vous, Messieurs, de lui asséner un péremptoire : "Dis donc Lulu la Goulue, t'es bien joliette avec ta ferrade à la fesse". Privilégiez plutôt un simple : "Ma douce, je reste pantois d'admiration devant votre compréhension du monde et votre philosophie de l'indispensable accessoire..."

Photo : Chanel / DR

jeudi 18 mars 2010

Le luxe expliqué à l'homme episode 10 : On ne dit pas "Comment as-tu pu me faire ça ?", on dit "je te pardonne"



Mon très cher Jules,

Comment t'annoncer autrement que par écrit ce que j'ai sur le coeur aujourd'hui ? Toi qui as toujours été si attentif, si à l'écoute, si compréhensif de mes sautes d'humeur et de ma versatilité, toi qui est si à cheval sur tes principes, qui n'a jamais accepté le moindre écart de conduite, qui exècre la faiblesse,  je me vois aujourd'hui dans l'obligation de te décevoir. Voilà... J'ai craqué.

Je n'ai aucune excuse, juste une explication... Sûrement ne te suffira-t-elle pas, mais voilà, je n'ai d'autre offre à te faire que d'être honnête. Comprends moi, Jules, quand je l'ai vu seul, paresser dans cette boutique du premier arrondissement de Paris, je n'ai simplement pas su lui résister. Fier et droit, simple et sophistiqué, avec ce charisme un brin rétro, il semblait tout avoir pour lui et tant à m'offrir. Je l'ai admiré, de loin d'abord, avant de m'approcher timidement. En un regard, j'ai compris que je pouvais le toucher, le rendre mien. Une rencontre comme cella-là, on n'en fait qu'une fois dans sa vie d'adulte. Je n'ai pas su dire non. Je l'ai trainé dans un coin sombre, nous nous sommes découverts et recouverts jusqu'à ne faire plus qu'un. Une passion nouvelle est née et ce, malgré ta réprobation et tous les blâmes que tu pourras m'adresser.

Jules, même si je sais que tu ne pourras jamais me pardonner, il faut que je te l'avoue : j'ai acheté un caraco en jeans (enfin, une chemise quoi).


Photo : Collection PE 2010, Chloé / DR Madame Figaro

mercredi 3 mars 2010

Le luxe expliqué à l'homme épisode 10 : on ne dit pas "pourquoi tu veux t'habiller toute nue ?", on dit "N-I-O-U-D-E"

Ca y est, les premiers rayons de soleil sont de retours, c'est le printemps, j'ai l'hormone à fleur de peau et surtout... J'ai envie de me mettre à nu, enfin, plutôt au nude. J'annonce la couleur à Jules : à savoir, je rêve de rose poudrée, de voiles éthérés, de longueurs dénudées... Et là, alors que j'attendais de Jules qu'il se rebiffe et qu'il reste une fois de plus narquois, il me lance l'oeil plein de stupre : "ettuvasetretoutenioudetoutlété, c'est vrai ? Coooool...".

Le miracle s'est produit. Pas besoin de me lancer dans un soliloque sans fin sur la tendance lingerie apparente dont Jean Paul Gaultier porte l'étendard depuis 40 ans, pas besoin de lui expliquer que le chair de la saison se porte à la fois en version rock décalée chez Nina Ricci et en ligne divinement drapée chez Givenchy. Non, aujourd'hui, je peux purement et simplement remballer mes leçons de vie : l'effet je m'habille nue a séduit Jules. Mais finalement, est-ce vraiment là une surprise ?

Toutefois, face à l'ouverture d'esprit dont le dit Jules fait preuve, je me dois aussi de faire un bout de chemin sur le dur chemin du compromis de couple. Et j'ai donc décidé, pour ma part, de renoncer à certaines des it-tenues de la saison (que de toute manière je n'aurais pas pu porter, consciente de l'effet sac qu'ils auraient irrémédiablement produit sur ma cuisse pas tout à fait assez ferme). C'est pour cela, Messieurs, qu'il peut être bon pour vous de feindre l'intérêt, voire l'enthousiasme quand votre douce vous annonce fièrement qu'elle va s'habiller bien en chair cet été. Car en contre-partie, elle vous épargnera peut-être :

- Le boyfriend bermuda : souvenez-vous, vous l'avez déjà détesté en jean l'année passée, il n'y a donc pas de raison que vous l'appréciez dans sa version encore moins féminine, à savoir un croisement Notre-dame-des-champs rencontre Kurt Cubain.

- La culotte taille haute : pas la Dim Pocket, celle où on peut rentrer son petit bedon et avoir l'impression d'avoir le ventre plus plat que les seins. Non, faut pas rêver celle-là on la garde.  Non, il s'agit bien de celle que l'on porte mine de rien comme un micro short chez Yves Saint Laurent ou Derek Lam et qu'on fait semblant d'habiller avec une jolie blouse ou une veste d'homme.

- Le jegging : Non, non, vous ne rêvez pas. C'est Elle qui nous annonçait il y a quelques semaines qu'il fallait adopter ce croisement du slim et du jogging pour être dans le vent. Autant dire que quand notre tour de mollet n'a d'égal que la force trop conséquente de notre cuisse, y'a pas moyen non plus.

- La salopette et le combibustier : autant dire que c'est là, de notre part, un énorme sacrifice vu que c'est tout de même la pièce du moment (surtout en version cuir chez Chloé). Mais là encore, au risque de réveiller des vieux traumatismes d'adolescence, je suis prête à épargner cela à Jules.

Au vu de toutes ces concessions, le petit effort d'admiration semble bien peu, vous demander, n'est-ce pas Messieurs ?

A voir aussi demain : dans mon obsession hebdomadaire du nude, nous ferons un tour côté coup de coeur maquillage de la saison... A ne pas rater !

Photos : Défilé PE 2010 Jean Paul Gaultier, YSL, Chloé / DR Madame Figaro

jeudi 11 février 2010

Le luxe expliqué à l'homme episode 8 : On ne dit pas "c'est quoi ce guet-apens", on dit "Adieu Mr. McQueen"

Alors oui, vous allez me dire, "mais une leçon de luxe pour l'homme, on en a déjà eu une cette semaine !". Mais à situation de crise, solution d'urgence. Car aujourd'hui, quand j'ai appelé Jules toute tourneboulée en lui disant "T'as entendu la nouvelle : McQueen s'est donné la mort..", il m'a répondu "mais voyons mon coeur, si tu as envie de revoir les 7 mercenaires, faut le dire tout de suite !"

Voilà, je suis obligée d'intervenir. Messieurs, quand votre douce vient pleurer sur votre épaule touffue la disparition d'un des plus grands génies contemporains de la couture, s'il vous plaît, ne pensez pas qu'il est l'heure de lui rejouer la grande évasion et de filer vous louer un bon DVD de Steve McQueen. Non, car pour votre douce, c'est bien aujourd'hui une journée de deuil (inter)national.

Parce que le dit Alexander, c'etait quand même le bad boy de la mode britannique, celui qui a taillé des costumes (en vrai) au Prince Charles et à Mikhail Gorbatchev avant de se dire qu'il allait plutôt aller dérider la mode française... et quitte à le faire, autant commencer par un temple du style, à savoir Givenchy...  Et quand le défi n'était plus tout à fait à la hauteur de son talent, il a su aller voir ailleurs si il y était, à savoir, en créant sa propre maison.

Alors certes Steve a fait des prouesses, a été la proie des vautours (Charles Manson, tout de même), il a su sillonner les rues de San Francisco au volant de sa voiturette de course, certes il a su sauver le monde de l'horrible chaos de la tour infernale.

Mais tout de même, Alexander, lui, a su repenser l'art du défilé, a elevé la mode en art théâtral, a réintroduit un peu d'onirisme dans un secteur devenu mercantile. En un mot, c'est un de ces hommes qui a su réinventer la femme (notamment en la chaussant des souliers les plus architecturaux du tout Paris), lui redonner un univers complexe - certes, quand il la grime à la manière d'un joueur de Nô ou lui offre des attributs digne de la littérature gothique anglaise - qui montre bien qu'elle est plus qu'un porte-manteau...  Et surtout, il m'a appris que le pied de poule, c'est sexy. Et je veux pas dire, mais à côté, sauver le monde, c'est un peu une gigantesque farce.

Alors non Messieurs, quand votre douce viendra larmoyante vous annoncer qu'elle a perdu une petite partie d'elle-même, ne lui dites pas "c'est quoi ce Bull(sh)itt". Dites lui plutôt "God save McQueen"


lundi 8 février 2010

Le luxe expliqué à l'homme episode 7 : on ne dit pas "c'est ma saharienne", on dit "la décroissance, c'est trop tendance"


Ca y est, c'est le mois de février et tous les grands féminins sortent déjà leur numéro de... mars (logique imparable) pour nous notifier les pièces phares de notre vestiaire estival alors qu'on  se demande encore pourquoi on n'a acheté qu'un Damart alors que le second était à moitié prix. Jusqu'à là rien de bien nouveau sous le soleil (enfin sous la grisaille). Si ce n'est qu'à la vue des nouvelles pièces immanquables de nos futures penderies, je me suis dit : "y'a comme une impression de déjà vu". Pas que la mode ne sache pas se renouveler, non. En réalité, tout cela existe déjà, là, à quelques encablures de mon dressing... dans la penderie de Jules.

Car oui, Messieurs, cette saison encore, vous serez l'épicentre de notre épanouissement, l'acmé de notre bonheur, l'épiphanie de notre félicité... A savoir vous allez nous permettre d'être à la mode ET de faire des économies.  Surtout si vous avez les mensurations  parfaites de Jules à savoir 90-70-70 ( comprendre, on peut lui piquer tout ce qui vient du haut, mais impossible de rentrer dans toutes pièces dépassant la taille). Car à l'image de Jules, vous avez sûrement dans votre penderie :

- une saharienne : la pièce culte qu'Yves Saint Laurent avait déjà piqué il y a plus de 30 ans dans votre garde-robe revient en force cet été, dans sa version couture rebrodée chez Balmain, baroudeuse sexy chez Jean Paul Gaultier, ou en imprimé oversize chez Louis Vuitton. Bref, il y en a pour tous les goûts... sauf pour vous Messieurs. Attendez-vous à faire vos adieux à cette saharienne que vous avez si longtemps négligé, prétextant qu'elle ne mettait pas en valeur votre séant potelé (car l'obsession calipige n'est pas qu'une affaire de dame), ou à la récupérer légèrement customisée selon l'agilité manuelle de votre douce.

- Une blouse blanche : On n'arrête pas de nous l'asséner. C'est le grand retour des basiques et Phoebe Philo nouvellement arrivée chez Céline nous en a fait la preuve. Pour être sexy, rien ne vaut une petite chemise impeccable qui laisse juste deviner le galbe d'un sein (ou dans mon cas, le creux, mais bon, on comprend l'idée), qui révèle un joli décolleté, qui sublime un plexus si mal considéré. Et à mes yeux, on n'a rien fait de mieux, pour ce faire, que la chemise d'homme couvrante et suggestive à la fois... D'autant que Jules en a toute une tripoté dans sa penderie et qu'il ne verra sûrement pas la différence s'il en manque une.

- La tenue de sport : car oui, cette saison, les grandes maisons se sont inspirées de nos passe-temps pour revoir notre ligne. Du coup, si Jules fait de l'escrime, piquez-lui sa culotte à la Nicole Miller, s'il fait du tennis, accaparez son polo à la Lacoste et s'il fait de la plongée, découpez sa combi en petits morceaux pour en faire un ensemble micro short à la Gucci. Pourquoi ne pas prendre nos vieux restes du Club Med Gym ? Simplement parce qu'ils feront encore bon usage pour raffermir la cuisse et surtout parce qu'ils sont moins usés, Jules n'ayant lui, pas besoin de faire du sport pour rester ferme et inconfortable.

Alors Messieurs, quand vous verrez votre douce le nez plongé dans votre penderie, n'allez pas l'accabler de vos banalités égoïstes en lui chuinant "hé-pas-touche-ca-c'est-mon-mien-pas-ton-tien", dites-lui plutôt d'un ton admiratif  "Sachez douce ecowarrior, que je soutiens votre démarche pour alléger votre empreinte écologique. A nous deux, nous ferons de vous la nouvelle Issey Miyake".

Photos : collection PE 2010 Balmain, Chloé, Gucci / DR

mardi 26 janvier 2010

Le luxe expliqué à l'homme episode 6 : Tout ce que tu as toujours voulu savoir sur la lingerie sans jamais oser le demander...


Un tragique épisode soldien m'a obligé aujourd'hui à me remettre derrière mon clavier pour donner à Jules sa sixième leçon de mode. Comme en cette période d'entre saison, les tentations d'achat sont pour moi bien moindres (les soldes, c'est réglé sans Jules et en une heure : deux paires de bottes, une veste et basta), je pensais être à l'abri de l'esprit perfide du dit Jules et pourtant...

Pourtant, un nouvel épisode dramatique m'a rappelé samedi à la dure réalité de ma cohabitation. Le noeud de notre discorde hebdomadaire : la lingerie. Alors vous allez me dire, si y'a bien un terrain sur lequel tout le monde devrait s'accorder, c'est la lingerie... Et bien un flashback sur ma séance de shopping de samedi va vous prouver le contraire.

11h au rayon lingerie de mon Printemps de quartier... J'annonce à Jules d'un ton grave qu'il me faut un nouveau soutien-gorge... Du genre pratique, en coton, en un mot, un soutien-gorge de sport. L'homme semble avoir intégré le message. Je m'auto-congratule déjà à l'idée que pour une fois, Jules et moi sommes sur la même longueur d'ondes, qu'aucune mise au point ne sera nécessaire. Que Nenni, Jules revient 20 minutes plus tard avec un soutien-gorge pigeonnant en 90 D (précisons tout de même que je porte du 85 A, seule mensuration qui n'a pas pris de l'ampleur au cours des 8 ans de collocation approfondie avec Jules) et un collant porte-jarretelles... Le tout en concluant fièrement : "Oula, rien que d'y penser j'ai envie de te casser tes petites pattes".

Alors je sais que Jules et moi n'avons pas tout à fait le même sens des priorités, mais là je me devais de dire non (au-delà de la remarque qui en soit n'avait rien de particulièrement exceptionnelle pour Jules, vu que tout lui donne envie de casser mes petites pattes de ma Dim Pocket à motif cochon en passant par mon pull marin). Non, Messieurs, sachez que quand votre belle vous dit "j'ai besoin d'un soutien gorge de sport", elle vous rappelle en réalité qu'elle trouve qu'elle a la fesse pas tout à fait assez ferme et le ventre un peu trop confortable et que la dernière des choses dont elle a envie c'est d'enfiler l'accessoire saucisson par excellence.

Car sachez Messieurs que le collant porte-jarretelles, c'est juste la pire invention de tous les temps. Pas vraiment un collant qui gaine tout ce qui dépasse quand on se sent pas trop bien avec soi, ni un vrai porte-jarretelle qui s'ajuste parfaitement à une cuisse qu'on a enfin envie de vous montrer. Non, cette création hybride, c'est l'accessoire du complexe par excellence : celui qu'on enfile pour se rendre compte qu'on n'a pas la jambe assez longue pour être dans les clous du modement-correct et qu'on a la cuisse beaucoup trop large (en atteste le joyeux bourrelets nouveau né si bien souligné par la démarcation du bas) pour être simplement admissible dans les rangs de la gente féminine (et sortir par là même de la catégorie bovine).

Non Messieurs, quand votre douce vous invite à la soutenir dans sa lutte contre le gène flasque n'en remettez pas une couche avec vos regards langoureux, certes, mais dismorphophobiques. Quand elle vous emmène au Printemps, vous parle lingerie mais pense en réalité complexe, proposez-lui plutôt une des magnifiques culottes gainantes de la nouvelles collection estivale de Chantal Thomass. Vous aurez votre show rétro sexy et elle aura juste ce qu'il faut pour cacher là où il faut...

Photo : Gerbe / Chantal Thomass DR

mercredi 13 janvier 2010

Le luxe expliqué à l'homme épisode 5 : on ne dit pas "tu te prends pour Fabien Pelous", on dit "t'en jettes avec tes épaulettes"

Jules adooooooooooore le rugby, mais quand je dis adooooooooore, c'est vraiment qu'il s'y dévoue corps et âme, comme une femme avertie pourrait le faire avec une paire de Louboutin. Pour illustrer cette affection sans bornes, prenons cet exemple que j'aime tant citer : moi. Nous communions avec Jules dans cet amour du rugby : je suis la coupe des six nations avec un enthousiasme mal dissimulé, j'ai un maillot de l'équipe de France et du Stade Français (dont la jolie couleur rosée va si bien avec mon teint) et j'ai même fais quelques folies en achetant des places au stade lors de la dernière coupe du monde. Sauf que voilà, selon le club des abonnés du week end hors premier samedi du mois à Canal +  (comprenez ceux qui répondent présents à tous les ballons ovales du top 14 et pas aux boules de Rocco), je ne suis pas une vraie amatrice de rugby. L'explication : il faudrait connaître le petit nom de tous les joueurs clermontois, banc de touche et épongeurs de sueurs compris, pour prétendre à l'adhésion...

Mais je m'écarte de mon propos : si aujourd'hui, je vous parle de la passion de Jules pour le rugby, c'est bien parce qu'il a cru, l'aube d'un instant, qu'elle lui permettrait de mieux comprendre la gente féminine. Je vous sens sceptique... Et pourtant, quand Jules a vu, il y a quelques jours de cela, triompher sur mes étagères  les pièces phares de ma garderobe d'hiver, il a  réussi à me lancer un commentaire digne d'un plaquage à la nuque (comprendre pas du tout tout, du tout fairplay) : "Ben dis donc, avec ca t'as une carure de Dimitri Szarzewski, ma chabalounette" (je vous laisse faire la recherche si vous ne connaissez pas... sachez juste que vu le calibre, ce n'était pas un compliment).

Me voilà pantoise : comment ? Il aura suffit d'une marinière strassée, d'une veste d'homme et d'une petite robe noire bien épaulée pour que Jules me compare au talonneur du XV de France...  Face au sourire triomphant qui ne quitte pas son visage, me voilà dans l'obligation de réagir. Car non Messieurs,  ce n'est pas parce qu'on arbore une ligne délicatement eighties, qu'on en devient pour autant une montagne de muscles aux oreilles difformes qui se ruent virilement sur ses congénères. Non, sachez que cette saison plus que jamais, une belle digne de ce nom a les épaules marquées : de la ligne ultra-architecturée de Maison Martin Margiela à la mini robe à épaules pagode de Balmain,  les épaules sont l'épicentre de notre séduction hivernale. Et sachez-le Messieurs : en choisissant quelques pièces bien tapées pour notre vestiaire hivernal, nous vous avons préservé. Nous aurions pu faire bien pire que ces quelques pièces hommage à la famille Ewing. Merci de reconnaître notre sportivité et notre fairplay.

Alors Messieurs, quand votre belle viendra se pavaner devant vous avec juste ce qu'il faut d'épaulettes, ne lui faites pas l'affront de lui demander si elle compte se lancer dans un nouveau sport collectif. Faites-lui simplement remarqué que sa générosité n'a d'égal que son tour d'épaules.

Photo : Veste d'homme Costume National  + ensemble pantalon Maison Martin Margiela / Madame Figaro, DR

lundi 28 décembre 2009

Le luxe expliqué à l'homme épisode 4 : on ne dit pas « mais t'as pas déjà la même en 12 exemplaires ? », on dit « Back to basics »




L'homme est un animal qui manque de subtilité. Pas que cela soit réellement une suprise mais, je ne cesse de m'émerveiller devant sa faculté à ne rien comprendre. Prenez une scène commune de ce nouvel hiver. Je rentre récemment d'une séance d'emplettes, fière comme d'Artaban, à mon habitude. Ca y est, je l'ai enfin trouvée : la petite robe noire parfaite, à la fois classique et sexy, prêt du corps et pas trop révélatrice d'un tour de hanches que j'aime à ne pas trop imposer aux yeux de tous (enfin, il s'impose déjà de lui-même en fait), que je pourrais porter à la fois avec des ballerines sans trop en faire au bureau et en version super sexy du soir, avec mes fuck-me boots (que même le mollet il rentre dedans, mais nous y reviendrons).

J'exhibe avec une impatience mal dissimulée ma nouvelle aquisisition à Jules qui m'assène en retour : "Ben t'as pas déjà la même en 15 exemplaires ?"... Avant de se rendre compte de sa bévue et de préciser  "Mais elle est sympa, hein ? ". Là, j'ai vraiment envie de capituler... Car non Messieurs, une femme digne de ce nom n'a jamais assez de petites robes noires.

La petite robe noire, c'est la seule pièce de notre garde-robe qui va toujours, qui se marie à une ligne qu'on assume plus ou moins bien. En 1926, c'est Coco Chanel qui a lancé un pavé dans la mare de la mode en publiant dans le Vogue américain sa première création, à l'époque scandaleusement funeste. Son objectif : laisser le corps s'exprimer en toute liberté par un vêtement simple, ériger cette pièce qui, petite l'estampillait orpheline, en monstre sacré de la mode, faire d'une coupe ultra sobre une pièce caméléon, qui s'adapte à toutes les lignes grâce à l'accessoirisation. La petite robe noire est élue « Ford de Chanel » par le magazine et entre par là même occasion dans le Panthéon du goût sûr.

Mais au-delà du génie de Mademoiselle, sachez Messieurs, que la petite robe s'habille cette saison de toutes les subtilités (oui, oui, celles que vous n'avez pas) pour révéler une silhouette ultra féminine, hommage aux années 40.. ou 80. De la vision quasi monacale (et suggestive) de Salvatore Ferragamo, à l'ultra mini / épaulée / décolletée de Balmain, il y en a non seulement pour tous les goûts, mais aussi tous les moments de la journée et tous les états d'esprit. Et comme votre douce est une créature complexe à l'humeur changeante, il est donc parfaitement normal que le modèle phare de sa garde robe se décline en 5, 10, 15 ou 20 exemplaires... Tout simplement parce que ce n'est jamais le même et qu'elle n'exprime donc jamais tout à fait la même chose.

Et sachez Messieurs que la multiplication des modèles ne s'arrêtera pas à la petite robe sus nommée. Car en cette période de Noël, l'heure est bel et bien au miraculeux retour des basiques, qu'il s'agisse de la veste d'homme, de la jupe crayon, de la blouse blanche ou du pantalon droit, court de préférence. Donc quand votre chère et tendre viendra à se présenter devant vous avec une pièce qui éveillera un sentiment profond de déjà vu, ne lui faites pas l'affront d'un commentaire sur l'inutilité de son achat. Préférez-lui un simple : « Et tu comptes porter quoi comme sac avec ? »

Photo : Balmain, Ferragamo / DR Vogue

mercredi 16 décembre 2009

Le luxe expliqué à l'homme épisode 3 : on ne dit pas "sympa ton plumeau", on dit "C'est un Maison Michel ?"

Ca y est, j'ai craqué... Moi qui lorgnais depuis des mois sur les précieux accessoires à cheveux vus sur tous les podiums de l'hiver, j'ai fini par investir dans ce que certains appeleraient un serre-tête et que nous rebaptiserons ici, bijou de cheveux. Car il s'agit bien là d'une véritable petite pièce d'orfèvrerie. Profil : un délicat bandeau de satin orné d'un tout aussi délicat duvet de paon (ou autre animal à plumes), repéré dans une petite boutique d'une petite rue du 11eme arrondissement à Paris. Nous passerons ici le détail inconsidéré du prix... Sachez juste que face à mes frénésies shoppeuses, je m'oblige parfois à reconvertir le prix de mes achats en francs et que cela donne le vertige, même pour un bijou de cheveux (fermons ici une parenthèse qui me fera sans doute passer pour une antiquité auprès des jeunes pousses nées dans les années 90 et elévées à l'euro, à défaut d'avoir été élevées en plein air).

Bref, j'ai craqué et non peu fière de ma nouvelle acquisition, je suis rentrée exhiber mon nouvel accessoire à Jules. Silence gêné, regard dubitatif... Je me sens déjà bouillir intérieurement. "Sympa ton plumeau," me lance-t-il, visiblement serein avec ses inepties.

Et là, je dis NON. Non, Messieurs, quand votre douce en appel à votre regard admiratif, quand elle cherche dans vos yeux la reconnaissance pour cet objet de toutes ses coinvoîtises, ne brisez pas son rêve, ne la comparez pas à une poule d'intérieur tout juste bonne à s'acquitter de tâches bassement domestiques.

Non, car le dit plumeau est bel et bien le signe (certes ostentatoire à vos yeux ) d'un goût à tout épreuve et d'un rare sens de la distinction. La parure de cheveux, c'est bel et bien le petit plus de la ligne de saison, le petit détail qui a fait jaser des podiums de Chanel à Alexis Mabille. D'ailleurs, si vous cherchiez un peu plus à aiguiser votre curiosité et que vous ouvriez l'une des bibles de votre douce (que vous avez si gentiment reléguée aux toilettes), vous comprendriez qu'en réalité, elle vous a épargné en ne se parant que de plumes. Car elle aurait bel et bien pu revêtir les oreilles de bunny vu sur lors du dernier défilé Vuitton, s'imposer aux yeux de tous comme une Madonna ou pire, une soeur Olsen sur les tapis rouges, elle aurait très bien pu se parer d'un noeud démesuré soigneusement élaboré par la Maison Michel. Mais non,  pour vous elle a su rester sobre et délicate.

Alors Messieurs, quand votre dame vous présentera l'achat qu'il ne fallait pas râter cette saison, évitez vos comparaisons vilement aviaires. Dites lui simplement "Ton truc en plumes, plumes de zoiseaux... te sied à merveille".

Photo : DR Maison Michel

jeudi 10 décembre 2009

Le luxe expliqué à l'homme épisode 2 : on ne dit pas "sympa, ton t-shirt", on dit "C'est une Jean Paul Gaultier ?"

Voilà un moment que j'y pensais et après maintes tergiversations, j'ai fini par craquer... Finalement un peu tard, me direz-vous, car l'idéal aurait été d'y succomber l'été dernier mais, passons.

Il y a quelques semaines, j'ai donc succombé à la passion de la marinière. Mais attention, pas n'importe laquelle... Alors quand Jules me regarde d'un air nonchalant et me dis "sympa ton t-shirt, ça a un petit côté pêche aux moules sexy", je ne peux que sortir de mes gonds.

Car non, ce n'est pas un t-shirt, c'est une marinière Sandro en coton épais choisie minutieusement parce qu'elle a LA ligne d'épaules un peu eighties parfaite et LE détail de séquins juste comme il faut, là où il faut ( à savoir sur la manche et pas sur les épaules, simple question pratique : Quand le manteau et le sac frottent à longueur de journée, vous n'allez pas compromettre cette oeuvre d'art hivernale pour un sequinage mal placé ? )

Non Homme, on ne dit par t-shirt, tout simplement car on doit du respect à cette grande dame qu'est la marinière. Car oui, toi qui vois là un simple t-shirt, saches que c'est une pièce mythique, un indispensable des garde-robes. Oui, si j'en avais eu les moyens, j'aurais misé sur une des ces merveilles adoubées par Jean Paul Gaultier, et devenues stars des années 80. Oui, j'aurais pu arborer (ou au moins essayer parce qu'on ne peut pas dire que j'ai un physique de fil de fer), une ligne divinement ambivalente, entre l'androgynie et l'efféminé en me plaquant les cheveux à la gomina... Même si finalement, j'ai dû revoir mes ambitions à la baisse, pour tout de même intégrer à mon armoire, la pièce qu'il faut, quand il faut.

Donc Messieurs, quand votre douce vous exhibera avec un sourire triomphant sa nouvelle acquisition rayée, épaulée et rebrodée, surtout ne lui demandez pas "c'est pour quand le départ à Deauville". Dites-lui plutôt, la voix pleine d'une admiration sincère "Tu fais si Mâle...".

Photo : la marinière selon Balmain / DR

jeudi 3 décembre 2009

Le luxe expliqué à l'homme, episode 1 : On ne dit pas "c'est quoi ce maquillage de p..fe", on dit "Rouge Allure de Chanel ?"

Il y certains détails que l'esprit masculin semble incapable d'assimiler. Ce n'est pas faute de faire des efforts pédagogiques, il semble tout bonnement rester imperméable. D'où ce petit rendez-vous hebdomadaire que je vous propose... ou plutôt que je leur suggère, dans un optique d'apaisement des couples, cela va de soi, évidemment.

L'idée a germé il y a quelques semaines quand mon colloc/cuistot/plus si affinités (Jules, le bien nommé) s'est une fois de plus planter devant moi, le visage fermé, le regard interrogateur, voire inquisiteur : "Heu, c'est quoi ce rouge à lèvres de pouffe ? Ca fait un peu camion volé... Mais sinon ca te va bien, hein ?"

Mon sang ne fait qu'un tour. Expliquer à Jules que le must de la saison, l'incarnation absolue de la féminité, c'est le rouge écarlate, mate de préférence, surtout quand on est blonde comme moi (ou presque parce qu'évidemment la couleur varie selon la saison, donc en ce moment c'est plutôt couleur fade, mais c'est là un autre sujet) ; que l'arborer fièrement c'est rendre hommage au dernier défilé de prêt-à-porter de feu la maison Lacroix... Tout cela, je n'oserais pas. Quand il s'agit de maquillage, je ne pense pas que l'homme soit prêt à intégrer une quantité astronomiques de références couture. Il faut aller droit au but.

Mais que l'homme ne puisse pas reconnaître que le rouge de saison est avant tout une institution de la mise en beauté, je ne peux pas l'admettre. Car tout de même Messieurs, c'est Mademoiselle Chanel qui pensa ces raisins  mythiques, en 1926 ; c'est Coco qui révolutionna tous les codes guindés  d'une époque en associant la sobriété parfaite d'une petite robe noire à la sensualité absolue d'un rouge ostensible...

Je n'aurais donc qu'une chose à vous dire. Quand votre dame se pare de son plus beau raison, épargnez-lui vos basses considérations sociologiques, voire mécaniques. Essayez plutôt un très sobre mais néanmoins complice : "T'as le look Coco !"

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